l’Allemagne et le Burkina Faso veulent renforcer leur coopération

Sécurité au Sahel : l’Allemagne et le Burkina Faso veulent renforcer leur coopération
(Ouagadougou, 21 octobre 2020). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu en audience ce 20 octobre 2020, le ministre allemand délégué à la défense, M. Thomas Silberhorn. Ils ont évoqué le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays, au-delà de l’aspect sécuritaire.
« Avec le ministre, nous avons discuté l’année dernière de comment nous pouvons appuyer les forces nationales, comment investir plus dans la formation des forces spéciales. Maintenant nous sommes en train de préparer une coopération plus étroite entre le Burkina Faso et l’Allemagne », a indiqué le ministre allemand à l’issue de l’audience.
Il a été par ailleurs évoqué avec le président du Faso la question du renforcement de la coopération bilatérale, l’Allemagne se préoccupant de la stabilité du Burkina Faso et du Sahel.
« Nous sommes énormément engagés au Mali, mais nous sommes aussi intéressés au développement du Burkina Faso sur le plan politique, sur le plan économique et sur le plan sécuritaire. C’est pourquoi, nous développerons notre coopération bilatérale plus étroite », a précisé monsieur Heinze.
Le ministre allemand délégué à la défense a ajouté que l’Allemagne a intégré le Burkina Faso dans un programme bilatéral de formation militaire et d’équipement.
Selon lui, des discussions se mènent au sein de l’Union européenne dans la perspective d’une plus grande contribution aux efforts bilatéraux et au renforcement des priorités nationales.
« Nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas remplacer l’effort national des Etats, mais nous sommes prêts à accompagner nos partenaires du Sahel et à contribuer aux priorités nationales », a conclu Alexander Heinze.
Direction de la communication de la présidence du Faso
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Transport aérien : Une nouvelle ère s’ouvre pour Air Burkina

Le ministre en charge de l’Economie, Lassané Kaboré et le directeur général de African Global Developpement, Phil K. Smartt, ont signé une convention de partenariat pour relancer les vols de Air Burkina dans la sous-région africaine et aussi en Europe et en Asie de l’Est. Une cérémonie officialisant cette signature s’est déroulée le mardi 20 octobre 2020, à Ouagadougou.

En paraphant les documents, African Global Developpement (AGD) consent à injecter autour de 250 milliards de F CFA pour amener Air Burkina dans une nouvelle dimension. Dans une déclaration à la presse à l’issue de la cérémonie de signature de convention de cession, le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent Dabilgou, a rappelé que le processus a démarré en deux étapes. La première étape, c’était de stabiliser la compagnie aérienne.

La signature de convention est un pas en avant pour la relance de Air Burkina

Pour ce faire, ils ont fait appel à un lising de trois avions Embraer pour permettre à Air Burkina de continuer à être leader dans la sous-région et de pouvoir conserver son potentiel client. La deuxième étape, c’était de relancer air Burkina. Et pour relancer cette compagnie aérienne, il fallait trouver un partenaire stratégique. C’est ce que le gouvernement a fait en identifiant AGD, un partenaire américain.

« Nous avons travaillé ensemble sur leur business plan. Aujourd’hui, dans ce business plan qui est maintenant une réalité, c’est de faire en sorte que air Burkina rayonne dans la sous-région en tant que leader. C’est pourquoi, la flotte a été retravaillée pour que nous ayons des airbus. Nous en avions dans le projet jusqu’à 4 airbus. De A220 jusqu’à 300. Il y a aussi des airbus A350. Nous avions développé avec eux un autre plan pour le vol intérieur. Là, nous avons 4 avions-hélices qui vont nous permettre de pouvoir desservir Bobo Dioulasso de manière quotidienne mais aussi de servir les grandes capitales régionales qui ont des aérodromes (dont Fada, Gaoua, Dori, Ouahigouya) », a détaillé le ministre Dabilgou. L’investissement le plus structurant, c’est la construction de l’académie aéronautique pour former, en liaison avec l’université de Ouagadougou, des pilotes et des mécaniciens dans la sous-région.

Les participants

Si l’AGD a choisi de nouer un partenariat avec le Burkina Faso, c’est pour des raisons stratégiques. Aussi, sur le terrain, le travail va se faire en trois étapes, selon le directeur général Phil K. Smartt. « Nous allons travailler à finaliser les conventions, à mettre à niveau Air Burkina en envoyant des airbus pour remplacer les avions qui sont sur place et étendre la destination des vols au-delà des frontières du Burkina Faso notamment l’Europe », a indiqué M. Smartt.

Pour le directeur général de Air Burkina, Blaise Sanou, « c’est un sentiment de joie, de très grande satisfaction ». Cette convention passée entre les deux parties s’inscrit dans le sillage d’une collaboration engagée depuis 2019 et qui a connu un ralentissement à cause du Covid-19. Ce mardi, 20 octobre 2020, marque l’apothéose de ce processus.

Un partenariat gagnant-gagnant

Rayonner un peu partout…

M. Sanou a relevé que le renouvellement et le renforcement de la flotte permettront non seulement à Air Burkina de rayonner un peu partout en Afrique mais surtout d’ouvrir des destinations au niveau de l’Europe et de l’Asie de l’Est. Visiblement satisfait, il a exprimé ses remerciements à AGD pour avoir cru au Burkina Faso et à Air Burkina.

Un DG satisfait

En outre, le DG a fait une mention particulière aux autorités du burkinabè dont le Président du Faso, Roch Kaboré, le Premier ministre, Christophe Dabiré et les ministres en charge des finances et des transports qui n’ont ménagé aucun effort pour la concrétisation de ce contrat. Il a associé ses remerciements à l’ensemble du Conseil d’administration de Air Burkina qui ont autorisé cette reprise partielle par AGD.

Dans le cadre de ce contrat, le gouvernement mettra en place une commission de suivi des engagements qui ont été pris par le partenaire.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Réconciliation nationale : Le Chef de l’Etat promet un réglage dès le 1er semestre 2021

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé une interview à nos confrères français Radio France Internationale (RFI) et France 24, le jeudi 15 octobre 2020. Libération des otages au Mali contre rançon, la situation sécuritaire délétère au Burkina, réconciliation nationale et le dossier Thomas Sankara, sont les sujets entre autres abordés par le président du Faso, dans son interview. Retour sur quelques points saillants de cet exercice de questions réponses auquel s’est adonné le président Kaboré à son palais de Kosyam.

D’entrée de jeu, le président Kaboré a salué la libération des otages au Mali, dont le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Sans vouloir juger cette décision de l’Etat malien, le président du Faso estime que la contrepartie a été payée trop chère. Est-ce une négociation pour une accalmie ou pour la libération des otages ? Le président burkinabè dit ne pas en savoir trop. Cependant, il constate avec le journaliste Boisbouvier, la recrudescence des attaques au cours des derniers jours.

Selon, le président Kaboré, le Burkina n’a pas été consulté, ni dans le processus de négociation, encore moins dans la décision de libérer environ 200 djihadistes, parmi lesquels, le cerveau de l’attaque contre l’hôtel splendide et Cappuccino, le 15 janvier 2016 et de l’attentat de Grand Bassam en Côte-d’Ivoire, le 13 mars 2016. « Nous avions suivi les évènements comme tout le monde suivant avec beaucoup d’impatience pour la libération des otages, mais la contrepartie nous n’étions pas là-bas, donc on considère que c’est le Mali qui a géré cette question de sorte à pouvoir libérer les otages » confie le président du Faso. En tout état de cause « Cela n’entache en rien notre détermination à lutter contre le terrorisme dans la sous-région et dans notre pays en particulier ».

Selon Roch Marc Christian Kaboré, la lutte contre le terrorisme doit être la première priorité pour tous les Etats du G5-Sahel, car dit-il « c’est une lutte de longue haleine parce que ce ne sont pas des personnes installées sur un territoire déterminé qui vous font la guerre ».

Sur la question selon laquelle, sans les forces françaises, les terroristes seraient à Ouagadougou, le président se veut, on ne peut plus précis. Pour l’instant, ce sont les forces burkinabè et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP), qui assurent la sécurité à l’intérieur du territoire burkinabè. Il précise que la plus grande force de Barkhane est installée au Mali et que les opérations conjointes avec l’armée burkinabè sont des opérations ponctuelles.

Le rapport du 8 juillet 2020 de l’ONG Human rights Watch était aussi à l’ordre du jour de ce débat. Le président du Faso a battu en brèche l’idée selon laquelle il y a eu des exactions de la part de l’armée burkinabè et que plus de 180 personnes seraient enterrées dans une fosse commune. Il défie toute personne d’apporter la preuve du lieu où sont enterrées ces personnes. Par ailleurs « le Burkina, n’a pas de problème de stigmatisation » répond le président du Faso, à la question de savoir si la communauté peule n’est pas aujourd’hui victime de stigmatisation au Burkina. Pour le président du Faso, c’est une situation qui est arrivée dans une zone (le Nord du Burkina ndlr) à majorité peule. Elle pouvait galvaniser n’importe quelle ethnie. « Dans les villages qui ne sont pas dans ces zones, il y a toujours une communauté peulh qui vit en harmonie avec les autres communautés » renchérit le président Kaboré.

Sur le cas d’un possible retour de l’ex-président Blaise Compaoré, le président du Faso, est resté imprécis. Il promet cependant, régler la question de la réconciliation nationale, dès le premier semestre de 2021, si toute fois il est réélu au soir du 22 novembre 2020. Le dossier de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, n’était pas en reste dans les débats avec les médias français. Le président relève avec satisfaction que malgré, l’absence des dossiers que la France devrait déclassifier, le processus poursuit son cours avec la justice burkinabè.

Sur son mandat de 2016 à 2020, il considère qu’il est positif pour le peuple burkinabè. Il en veut pour preuve, l’indépendance de la Justice, le renforcement des libertés, les multiples réalisations infrastructurelles durant les cinq années de règne, la gratuité des soins pour enfants de moins de cinq ans et femmes enceintes, les avantages qu’ont bénéficié les travailleurs du public, etc. Il déclare, par ailleurs en tant que démocrate, qu’il accepterait le verdict des urnes au soir du 22 novembre 2020 et appelle ces challengers à s’inscrire dans le même ordre.

Synthèse faite par Etienne Lankoandé
Lefaso.net

L’interview sur RFI

FESPACO: le nouveau Délégué général nommé en conseil des ministres

Le nouveau Délégué général du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a été nommé, ce 14 octobre 2020, en conseil des ministres. Il se nomme Monsieur Moussa Alex Sawadogo.
Il fut, entre autres, membre de la commission du Fonds d’Aides au Cinéma du Monde (ACM), de 2017 à 2019, chargé des affaires culturelles et de la communication à l’Ambassade du Burkina Faso à Berlin en Allemagne (2005-2006), Directeur artistique AFRIKAMERA – African Film Festival in Berlin et de la Biennale de la danse africaine contemporaine de Berlin, ainsi que Consultant du programme Open Doors pour l’Afrique au niveau du Festival international de films de Locarno et du programme pour l’Afrique au niveau de Hamburg Film Fest.
Le délégué général entrant est titulaire d’un Master of Art en Management Culturel et Media, obtenu à l’université du Théâtre et de la Musique d´Hambourg en Allemagne et d’une maîtrise en Histoire de l´Art et Archéologie, université Joseph Ki Zerbo,
Il remplace à ce poste Ardiouma Soma qui a dirigé l’institution durant six ans, de 2014 à 2020, avant de passer la main à monsieur Timibé Gervais Hien, chargé d’assurer son intérim, puisqu’il était admis à la retraite,
Né en 1974 à Grand-Bassam en Côte d´Ivoire, marié et père de deux enfants, monsieur Sawadogo parle couramment l’Anglais et l’Allemand.
DCPM/MCAT

Covid-19 : l’Allemagne fait un don de plus de 400 millions FCFA

Le ministre déléguée en charge de la cohésion sociale, Madiara Sagnon/Tou, a, au nom du ministre d’Etat, réceptionné un important lot d’équipements et de matériels biomédicaux offerts par la coopération allemande à travers le Programme décentralisation et développement communal. C’était, dans la matinée du mardi 25 août 2020, à Ouagadougou.

La solidarité entre les peuples n’est plus une vaine expression mais un vécu quotidien. Au Burkina Faso, cela s’est traduite avec la remise par la coopération allemande d’un important lot d’équipements et de matériels binomiaux pour lutter contre le Covid-19. Ce don est composé de masques de protection faciale FFP2, des équipements médicaux, des thermomètres infrarouges, des dispositifs de lave-mains, du gel hydroalcoolique, des gants, des équipements de protection individuelle, des matelas médicaux, des bancs (…). Ces matériels et équipements sont destinés à 467 CSPS, 2 centres médicaux, 11 dispensaires et 5 maternités de 84 communes des régions de l’Est, du Centre-Est, et du Sud-Ouest, zones d’interventions du Programme décentralisation et développement communal (PDDC), exécuté par la GIZ et la KfW.

Un échantillon du don

Le même type de matériels ira à la région du Centre-Nord qui ne fait pas partie de la zone de couverture du programme, mais qui enregistre un nombre important de personnes déplacées internes à protéger contre l’ennemie invisible. Après avoir réceptionné le don, le ministre déléguée en charge de la cohésion sociale, Madiara Sagnon/Tou, a traduit les remerciements du gouvernement du Burkina Faso au partenaire historique qui, faut-il le signaler, est à son deuxième don en l’espace de trois mois. En plus de la présente dotation, la coopération allemande prévoit de former dans les semaines à venir environ 780 agents de santé, de ces quatre régions et de procéder à la diffusion de 8850 spots radiophoniques sur le Covid-19 en 10 langues locales en vue de sensibiliser près de 5 millions de personnes sur la pandémie. L’ensemble de cette contribution de la donatrice est évaluée à plus de 400 millions de F CFA (dont environ 364 304 100 pour le matériel).

Les officiels

Revenant sur le bien-fondé de leur geste de générosité, le chargé d’affaire de la coopération allemande au Burkina Faso, Nils Wortmann, a laissé entendre que c’est pour appuyer les régions et les collectivités territoriales dans la bataille contre le virus. « C’est une pandémie qui frappe la planète y compris mon pays l’Allemagne. Je suis persuadé que c’est dans les moments difficiles que les vrais amis se montrent. Et on reste aux côtés de nos amis burkinabè dans la bataille contre cette pandémie », poursuit-il. Bien d’autres donations ont précédé celle de ce matin. Dans l’ensemble et pour l’instant, la république fédérale d’Allemagne a investi 13 millions d’euros (8,5 milliards de F CFA) dans le cadre du TeamEurope pour appuyer le Burkina Faso dans ses mesures contre le coronavirus. Ces engagements s’inscrivent dans le Plan de riposte du gouvernement burkinabè.

Le chargé d’affaires de la coopération allemande renouvelle la solidarité de son pays avec le Burkina Faso

Pour le représentant des bénéficiaires, le maire de la commune de Ouagadougou, « c’est un sentiment de satisfaction de savoir que le partenaire historique à travers son agence d’exécution, la GIZ, se tient toujours à nos côtés. A moins de trois mois, c’est la deuxième fois qu’il nous offre du matériel sanitaire et médical ».

Un maire satisfait

Aussi, il a rassuré la donatrice de la bonne gestion du don. Le maire Armand Béouindé a également saisi l’opportunité qui lui est offerte pour rappeler aux uns et aux autres la nécessité d’adopter en continu les gestes barrières, parce que le virus est encore là. Parmi ces gestes barrières, l’on peut citer le port des cache-nez, le lavage des mains et la distanciation d’au moins un mètre. C’est à ce prix qu’on pourra bouter hors de notre pays ce virus qui fait tant de mal.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

60 ans du BF: les Burkinabè d’Allemagne célèbrent à l’unisson

5-août, comme chaque année, les fils et filles du Burkina Faso, aussi bien au pays qu’à travers le monde, commémorent la proclamation de l’indépendance de leur nation. Les Burkinabè vivant en Allemagne ne sont pas restés en marge. Ils ont marqué une halte pour célébrer cette journée au sein de la représentation diplomatique à Berlin.

Regroupées autour de leur ambassadeur Simplice Honoré Guibila, les délégations de la diaspora sont venues des quatre coins de l’Allemagne pour se retrouver sous le drapeau du Burkina Faso. Tout d’abord ? à travers une montée de couleurs, puis une allocation marquante pour cette célébration, du diplomate burkinabè, et enfin des remises de distinctions à différents acteurs au sein de la diaspora.

Les Burkinabè sont venus des 4 coins de l’Allemagne

Pour son Excellence Simplice Honoré Guibila, ambassadeur du Burkina Faso à Berlin, 60 ans d’existence de la nation, « il est important de s’arrêter un peu et penser aux acquis engrangés durant cette période mais également aux difficultés que nous avons rencontrées. C’est aussi un moment de recueillement pour rendre hommage à ceux qui ont œuvré pour cette indépendance et avoir une pieuse pensée à toutes ces personnes qui ont travaillé aux renforcements de cette indépendance sur les plans politique, économique, etc. »

Les récipiendaires posant avec les autorités pour la postérité

Quant aux distinctions, cinq Burkinabè vivant en Allemagne, ont reçu les honneurs de la nation. Il s’agit de Jean-Baptiste Kafando et Jean Eric Sawadogo, élevés au rang de chevaliers de l’ordre de l’Etalon. Et de Moussa Kaboré, Mohamed Compaoré et Salif Ouédraogo qui ont été fait chevaliers de l’ordre du mérite. Une grande joie pour ces récipiendaires mais surtout un appel à mieux faire, a expliqué leur représentant, Jean-Baptiste Kafando. « Cette reconnaissance nous invite à plus d’unité, à plus d’action non pas pour seulement ici mais également à l’endroit du Burkina ».

Cette journée a également été l’occasion pour l’ambassadeur Simplice Honoré Guibila de faire un appel aux Burkinabè de la diaspora à vivre et à travailler dans l’unité afin d’être des modèles dans leur pays d’accueil. Il a aussi porté un message fort pour l’accompagnement de leur nation d’origine, le Burkina Faso, particulièrement en ces moments de difficultés marqués par l’insécurité dans certaines parties du pays.

Jerome William Bationo
À Berlin

Apprendre l’allemand a la cote, notamment en Afrique

Le nombre de personnes apprenant l’allemand augmente depuis 10 ans, et les chiffres explosent dans certains pays d’Afrique.

15,45 millions de personnes apprennent la langue de Goethe dans le monde entier. C’est le dernier bilan fait par le ministère des affaires étrangères allemand dans un rapport, publié tous les 5 ans. C’est un peu plus qu’en 2015 : à l’époque le chiffre était de 15,30. Un total qui augmente donc relativement peu, mais qui semble confirmer la tendance à la hausse. Ce n’était pas gagné il y a dix ans encore, où les chiffres s’étaient effondrés. On était passé en 2010 à moins de 15 millions d’apprenants, contre plus de 20 millions en 2000.

Explosion du nombre d’élèves en Afrique francophone

Les Européens représentent 73% des apprenants dans le monde. L’Asie et l’Océanie comptent pour 10% environ, c’est 5% en Amérique. Ce qui marque à la lecture du rapport, c’est que désormais 10% des élèves de tous âges sont aussi en Afrique. Une hausse très importante sur le continent depuis le dernier bilan il y a 5 ans, puisque l’Afrique représentait 7% des apprenants seulement en 2015.

Des hausses signifcatives au Bénin, au Togo, au Burkina-Faso, et même en Côte d’Ivoire. Dans ce dernier pays, le nombre d’élèves et des personnes qui apprennent l’Allemand a doublé depuis 2015. 500.000 apprenants presque aujourd’hui. “Beaucoup de personnes ont en tête que l’Allemagne est la plus grande économie europénne. Mais d’autres, des hommes notamment, parlent aussi du football allemand comme motivation”, raconte Sigurd Jennerjahn, enseignant à l’Université Félix Houphouët-Boigny. “Moi c’est parce qu’on m’a mise dans une classe d’Allemand, mais maintenant, sincèrement j’aime bien la langue, même si lire des textes reste compliqué“, confie depuis Abidjan, Aziz 13 ans.

L'institut proche de l'avenue Jean Mermoz d'Abidjan est de plus en plus solicitéL’institut proche de l’avenue Jean Mermoz d’Abidjan est de plus en plus solicité

Etudier en Allemagne

Mais la hausse du nombre d’élèves qui apprennent l’allemand s’explique aussi par d’autres facteurs. “En Europe, les programmes d’études et de formation mettent un point d’orgue à l’apprentissage des langues et il y a des facteurs historiques et géographiques“, analyse la Docteur Hebattallah Fathy, chef du département “Études allemandes, langue allemande et programme de conférenciers” au DAAD, le Deutscher Akademischer Austauschdienst, l’Office allemand d’échanges universitaires.

Au niveau mondial, l’Allemagne est toujours plus attractive comme lieu d’études, de formation, de recherche. L’Allemagne et sa langue ont bonne réputation“, poursuit-elle. Hebattallah Fathy cite encore le système universitaire public, avantageux financièrement pour les étudiants, ou l’accompagnement qui leur est proposé quand ils arrivent de l’étranger.

Ci-dessous : graphique présentant le nombre de personnes dans le monde apprenant l’Allemand : 

L’objectif pour les jeunes n’est souvent plus d’étudier en allemand. Les cours d’études en anglais sont souvent une option plus accessible”, poursuit Anja Hallacker, de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) à Johannesburg. “Mais si vous voulez étudier et travailler en Allemagne, vous devez quand même connaître l’allemand. Ce n’est peut-être plus une obligation, mais c’est clairement un plus. Outre d’excellentes connaissances spécialisées, l’allemand, la langue, permet d’accéder à l’Allemagne et à sa culture“.

Rôle du tourisme et promesse d’embauche 

Première économie de l’Union européenne, quatrième puissance économique mondiale, l’Allemagne exporte, ses ressortissants voyagent, ses entreprises s’installent à l’étranger. Des raisons qui poussent aussi, évidemment, à apprendre la langue de Goethe. “La loi consacrée à la migration de travailleurs qualifiés en Allemagne entrée en vigueur en mars dernier joue un rôle important. Elle a accéléré la tendance qui pousse certaines personnes qualifiées à venir en Allemagne, où on leur promet une évolution de carrière“, raconte la Docteur Hebattallah Fathy.

Le ministre des affaires étrangères Heiko Maas a promis lui de travailler encore au développement de l’apprentissage de l’allemand. Son ministère met d’ailleurs en ce moment la priorité sur les programmes de formation des professeurs d’allemand, qui font défaut dans de nombreux pays du monde.

Cette première partie d’émission a été realisé avec l’aide et le travail de Julien Adayé, Charlotte Müller et Martina Schwikowski. 

BF – RFA: l’Ambassadeur Herbert fait ses adieux au Président du Faso

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu ce matin, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Ingo Herbert, en fin de mission. Après deux ans passés au Burkina Faso, le diplomate germanique tire un bilan satisfaisant de sa mission.

« Je n’ai fait que deux ans au Burkina Faso, mais ce fut un temps intensif en activités avec la situation sécuritaire, humanitaire du pays, et récemment avec la pandémie du coronavirus. Nous avons surtout œuvré au renforcement des liens d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et l’Allemagne », a indiqué le diplomate allemand à sa sortie d’audience.

Pour Ingo Herbert, la visite de la Chancelière Angela Merkel, en début mai 2019, première du genre dans l’histoire des relations entre les deux pays, est la preuve de la solidité de l’axe Ouagadougou-Berlin. L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne a évoqué, avec le chef de l’Etat, la possibilité du renforcement de la coopération dans le secteur de la Culture avec une augmentation des capacités de l’Institut Goethe de Ouagadougou.

En outre, selon le diplomate, l’Allemagne a décidé de construire une nouvelle ambassade au Burkina Faso. Pour Ingo Herbert, le Sahel, particulièrement le Burkina Faso, est devenu une priorité pour la politique internationale de l’Allemagne. Il a rassuré que son pays restera un partenaire sûr du Burkina Faso dans sa quête d’un développement harmonieux.

Direction de la communication de la présidence du Faso